Art Dubai: Art Dubai Digital 2026

Mina Salam, Madinat Jumeirah Conference & Events Centre 17 - 19 Avril 2026 
Images
Zoulikha Bouabdellah, Envers Endroit, 2016 (Video still)

Présentation
Mina Salam, Madinat Jumeirah Conference & Events Centre X21 Vendredi 17 / samedi 18 de 14h à 19h & dimanche 19 de 12h à 18h https://www.artdubai.ae/
Art Dubai Digital is a one-of-a-kind section that champions new models for market development in digital art, supporting practices that often exist outside traditional frameworks, offering a space to rethink how digital practices intersect with the art market and broader cultural production.
Œuvres
Communiqué de presse

Pour Art Dubai Digital 2026, la galerie lilia ben salah réunit Amal Abdenour (1931–2020) et Zoulikha Bouabdellah (1977) dans un dialogue intergénérationnel qui inscrit les artistes femmes arabes au croisement de la technologie, de l’histoire, de la transmission, de l’incarnation et de la mémoire.

 

Plutôt que d’envisager le numérique comme rupture ou comme spectacle, la présentation met en évidence une filiation. Elle révèle comment des moments technologiques qui vont des premiers procédés électrographiques aux environnements numériques contemporains deviennent des outils à travers lesquels le corps enregistre le déplacement, l’expérience et une présence politique dans le temps.

 

Considérées ensemble, Abdenour et Bouabdellah ne s’opposent pas ; elles se succèdent. Leurs œuvres marquent deux moments d’une même histoire de la production des images, où les technologies évoluent tandis que persistent les questions fondamentales de l’incarnation et de la mémoire.

 

Formée aux beaux-arts, Amal Abdenour passe de la tradition de la fresque et de la peinture murale aux pratiques expérimentales, devenant une pionnière de l’électrographie. À partir de la fin des années 1960, elle développe des usages radicaux de la première photocopieuse en France, produisant des empreintes corporelles intimes qui fusionnent abstraction et histoires vécues de la diaspora. Dans son travail, la technologie devient un appareil par lequel la mémoire se fixe, se transmet et se rend visible.

 

À travers la vidéo, l’installation et la photographie, Zoulikha Bouabdellah prolonge cette trajectoire dans le champ numérique. Sa pratique se déploie selon des vocabulaires spatiaux et ornementaux qui activent le geste, la répétition et la participation. Bouabdellah ne succède pas chronologiquement à Abdenour ; elle réactive le terrain qu’Abdenour a ouvert, en traduisant ses urgences dans les conditions du présent numérique. Là où la machine d’Abdenour enregistrait le contact, les dispositifs de Bouabdellah produisent l’apparition. Le corps devient à la fois interface et témoin, porteur d’histoire autant qu’agent de sa transformation.

 

En mettant ces deux artistes en dialogue, la galerie lilia ben salah propose une vision du numérique fondée sur la continuité. La technologie n’apparaît plus comme une nouveauté, mais comme un médium à travers lequel la mémoire persiste, circule et s’incarne de nouveau.

 

À travers les générations, la technologie change, mais le corps demeure le lieu où les images deviennent histoire.

 

 

À propos d’Amal Abdenour (1931–2020)

 

Amal Abdenour est une artiste franco-palestinienne dont la vie et la pratique se déploient entre Le Caire et Paris. Formée aux beaux-arts, elle passe de la tradition de la fresque et de la peinture murale à des formes expérimentales de production de l’image, devenant une pionnière de l’électrographie. À partir de la fin des années 1960, elle développe des usages radicaux de la première photocopieuse en France pour produire des empreintes corporelles qui fusionnent abstraction et expérience vécue. Son œuvre fait du corps un lieu de mémoire et de transmission, où l’exil, l’histoire et l’identité s’inscrivent à travers des processus technologiques.

 

À propos de Zoulikha Bouabdellah (née en 1977)

 

Née à Moscou et élevée à Alger, Zoulikha Bouabdellah développe une pratique qui traverse la vidéo, l’installation, la photographie et les médias numériques. Son travail est profondément spatial et sculptural, mobilisant l’ornement, l’écriture et le geste pour construire des environnements dans lesquels le corps devient à la fois participant et mesure.

 

Comme l’a formulé la professeure Silvia Naef (Université de Genève), son œuvre peut être comprise comme une manière de « faire des images sans les faire », envisageant l’abstraction comme un langage vivant à travers lequel la mémoire visuelle se produit, se transmet et se transforme. À travers les systèmes technologiques, le corps devient une archive active, réécrivant continuellement l’histoire au présent.